Elle débarque dans le monde du travail avec témérité : la génération Z. Pour comprendre ces nouveaux collaborateurs hyperconnectés et exigeants, Jabra dévoile dans une étude parue en novembre 2023 la relation complexe qu’ils entretiennent avec le monde professionnel.

Ils font peut-être déjà partie de vos équipes. Les "digital natives", qui sont nés entre les années 2000 et 2010, sont les premiers à avoir grandi avec Internet, un téléphone à la main. Ils se distinguent par leur lucidité, leur curiosité mais surtout par leur ultra-connexion aux réseaux sociaux. Ce sont des jeunes très engagés qui ne cachent pas leurs opinions et défendent des valeurs fortes, comme la diversité ou la protection de l’environnement. De plus, cette génération, qui s’est insérée sur le marché du travail au moment du Covid 19, n’hésite pas à exprimer ses aspirations, parfois ambitieuses. D’ici 2030 (selon des études récentes), elle devrait représenter 58 % des effectifs des entreprises : de quoi contraindre ces dernières à s’adapter et à revoir leurs politiques RH.

L’étude de Jabra lève le voile sur le paradoxe de la génération Z, ainsi que sur sa relation avec le monde professionnel. Elle interroge quatre générations : les baby-boomers (1945-1965), la génération X (1965-1980), les milléniaux (1990-2000) et la GenZ (2000-2010).

La santé mentale de la GenZ : un enjeu managérial ?

Paul Sephton, responsable de la communication de la marque chez Jabra, explique dans le rapport : "Nous n’avons jamais connu d’époque où les différences entre les générations étaient aussi marquées du point de vue de la perception du travail et de l’emploi. Il est essentiel que les dirigeants cherchent à comprendre les paradoxes propres aux jeunes générations à l’égard du monde du travail."

Le comportement au travail de la GenZ diffère radicalement de l’image très extravertie qu’on lui attribue. Aujourd’hui, 50 % de ces jeunes actifs n’osent pas faire part de leur mal-être au travail à leur direction, quand bien même 55 % d’entre eux mentionnent dans l’étude de Jabra stress et épuisement professionnel. Un paradoxe quand on sait qu’ils sont habitués à plaider pour la levée des tabous relatifs à la santé mentale. Ils déclarent tout de même être satisfaits de leur quotidien professionnel.

Cette génération, qui découvre encore le monde du travail, a une vision assez singulière de l’évolution professionnelle. Pour 61 % de ces "zoomers", le changement d’entreprise ou même de secteur serait un facteur d’évolution de carrière : 39 % préconisent même de changer régulièrement de travail. Selon l’étude Jabra, un des facteurs qui pourrait les retenir serait la semaine de quatre jours, plébiscitée par 35% des "zoomers" sondés.

À lire : Laurent de la Clergerie (LDLC) : « On parle beaucoup de santé mentale et de risques psychosociaux mais le remède est clair : c’est la semaine de quatre jours »

Les "digital natives" n’ont pas eu le même apprentissage que les autres générations : nombreux sont ceux qui sont entrés dans le monde du travail sans avoir connu la vie de bureau d’avant la pandémie. Et qui attendent de leur direction une bonne communication : 28 % souhaitent des managers empathiques. Pour Paul Sephton, il est essentiel de "fournir aux jeunes employés les outils nécessaires, à la fois techniques et psychologiques, pour maximiser le bien-être. La productivité sera un élément non négociable pour ceux qui s’efforcent de réussir à long terme".

Une génération trop exigeante ?

La GenZ est souvent considérée comme trop prétentieuse et déconnectée de la réalité. Les zoomers souhaitent évoluer dans leur carrière, tout en bénéficiant d’une certaine flexibilité et d’un équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle (22 %). Leur vision du travail est directement influencée par Internet (ce qui n’est pas le cas de leurs aînés) : 39 % des digital natives estiment que les réseaux sociaux ont un impact sur leurs attentes sur le plan salarial (contre 8 % pour les baby-boomers, la génération X et 15 % pour les milléniaux). La génération Z semble être plus encline que les autres à utiliser les réseaux sociaux comme moyen de communication professionnelle (22 % de la GenZ, contre 8 % pour les baby-boomers et 16 % pour les milléniaux).

Pourtant, malgré une image de fainéants qui leur colle à la peau, les membres de la génération Z sont 42 % à estimer privilégier leur vie professionnelle à leur vie personnelle.

Une génération hybride à la recherche de face-à-face

Même si cela peut paraître étonnant, les zoomers préfèrent interagir en face à face pour 40 % d’entre eux. S’ils considèrent le travail hybride comme un vecteur indéniable d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, 33 % envisagent les rencontres en face à face comme le premier facteur nécessaire à la création d’un sentiment d’appartenance, contre 22 % privilégiant les mails et 11 % les échanges par chat.

Génération cherchant à travailler mieux pour travailler moins, les zoomers souhaitent changer les codes du monde du travail. Un membre sur deux de la GenZ considère ainsi que le CDI est voué à disparaître, et qu’il sera remplacé par le travail en freelance. Un réel défi pour les RH dans les années à venir.

À lire : La GenZ, génération freelance

Lisa Combe

 

Crédit image : pikisuperstar sur Freepik


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