Pirate dès 15 ans, repéré par la CIA et le FBI à 16 ans, entrepreneur à 19 ans et conseiller de Mark Zuckerberg à 24 ans, Sean Parker est une personnalité atypique. Startuppeur visionnaire et philanthrope, il n’en est pas moins controversé.

À 44 ans, Sean Parker dispose d’une fortune estimée par Forbes à 2,8 milliards de dollars. À ce magot s’ajoute la notoriété. Sa personnalité atypique, visionnaire et clivante en fait un excellent personnage de cinéma. Hollywood ne s’y est pas trompé. C’est Justin Timberlake qui l’incarne à l’écran dans The Social Network, un film sur la genèse de Facebook dont Sean Parker fut le premier président. L’un de ses conseils les plus marquants et qui aurait permis au réseau social de devenir la référence du secteur : laisser tomber l’article "the" devant Facebook, selon les événements rapportés dans le long métrage.

Sean Parker n’a pas mis la main sur 4 % des parts (7 % selon certaines sources) de la plateforme par hasard. L’homme est un startuppeur né. Son père, océanographe, lui a enseigné dès le plus jeune âge la programmation sur un Atari 800. Au lycée, il pirate des entreprises et des réseaux gouvernementaux attirant dès 15 ans l’attention du FBI. Un an plus tard, il remporte le concours d’informatique de l'État de Virginie pour avoir mis au point un premier robot d'exploration du web puis il est recruté par la CIA. Mais le jeune homme préfère intégrer d’autres structures qui lui permettront de gagner très bien sa vie.

Formation accélérée

En 1999 à 19 ans, il se lance dans la co-création de Napster, un site pionnier dans le partage de musique et qui a posé les bases de ce qui deviendra le streaming. Sean Parker n’a pas fait d’études ? C’est sa société qui lui fournit gratuitement un programme très opérationnel. "Je peux en quelque sorte l’appeler l’université Napster : c’était un cours accéléré de droit de la propriété intellectuelle, de finance d’entreprise, d’entrepreneuriat", rapporte Forbes. En moins d’un an, le site atteint les 50 millions d’utilisateurs, ce qui ne lui manque pas de s'attirer les foudres de l’industrie musicale, laquelle assigne le site.

"S’il pense qu’il n’existe pas d’entreprise capable de gagner, il la construit lui-même"

Pas de quoi démoraliser l’entrepreneur qui fonde en 2002 le gestionnaire d’adresses en ligne Plaxo. Une start-up à l’avant-garde en matière d’astuces virales destinées aux réseaux sociaux qui permettent aujourd’hui à des sites comme LinkedIn d’avoir pignon sur rue. "Il réfléchit à la direction que prend le monde selon lui. S’il pense qu’il n’existe pas d’entreprise capable de gagner, il la construit lui-même", commente Daniel Ek, fondateur de Spotify, dont les propos sont rapportés par Forbes au sujet de Sean Parker.

Détecteur de tendances

Après avoir été écarté de Plaxo, il se consacre à Facebook dont il détecte très tôt le potentiel. À 24 ans, il devient le mentor du jeune Mark Zuckerberg. "Sean a joué un rôle essentiel dans le passage de Facebook d’un projet universitaire à une véritable entreprise, déclare Mark Zuckerberg à Forbes. Peut-être plus important encore, Sean a contribué à faire en sorte que toute personne souhaitant investir dans Facebook n'achète pas seulement une entreprise, mais aussi une mission et une vision afin de rendre le monde plus ouvert grâce au partage."

Sean Parker - qui a dû quitter ses fonctions après avoir été arrêté en possession de cocaïne - a apporté au réseau social l’un de ses plus grands investisseurs, Peter Thiel. Avec lui, il gère entre 2006 et 2014 le fonds de capital-risque Founders Fund. En 2010, il investit 15 millions de dollars dans le service de streaming suédois Spotify, autre poil à gratter de l’industrie musicale. Sean Parker s’engage également dans des actions philanthropiques. En 2015, il crée The Parker Foundation avec une mise initiale de 600 millions de dollars. Le milliardaire, marié et père de deux enfants, est connu pour approfondir tous les domaines dans lesquels il intervient. Visiblement cela paie.

Olivia Vignaud

crédit photo :  Kmeron pour LeWeb11 Conference aux Docks Paris

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